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Tatoueur ou pas?
Une seule chose fait horreur rà Stéphane: le stéréotype.
" Je n' aime pas le tatouage étiquette qui ne veut plus rien dire un ou deux ans après et que l' on retrouve sur des centaines de bras. J' ai mis des motifs naïfs classiques en vitrine pour attirer le client qui souvent a peur. Comme ça, ils entrent. Alors, nous discutons et je peux les orienter vers des tatouages plus personnels,plus originaux . Le tatouage ne joue plus vraiment le rôle de symbole ou de langage secret,qui a été le sien pendant des siècles. Dans le choix du motif, il reste toujours une part importante qui se rapporte au côté caché de la personnalité, mais ça c' est de la psychanalyse..."
Stéphane sourit: "En fait ce qui m' attire c' est l' amour de l' art, du décor intradermique. Le tatouage est vivant. Il s' élabore à deux, à trois même puisqu' il s' agit de se servir de la peau et de la morphologie de chacun pour créer un ensemble esthétique. Par exemple j' ai un client qui a une malformation dans la poitrine, comme un trou.
Eh bien nous allons peindre un géant qui en sort en écartant les pectoraux comme s' ilsétaient deux montagnes. Rien n' est impossible: tout ce qui est forme, couleur ou lumière se tatoue."
Il s'agissait d'un tatouage qui n'était pas artistique mais
qui me semblait très puissant dans la symbolique car il
effrayait les honnêtes gens. Les tatouages auxquels je fais
réference étaient laids et n'embellissaient pas le corps,
c'était la plupart du temps des images issues du milieux
carcéral, qui signaient une appartenance à un groupe. Ces
tatouages, très contreversés, ont pu à un moment de ma vie,
me donner le sentiment d'exister et d'avoir une identité.
Ces marques sur le corps m'ont permis de me construire. Je
revendiquais donc le d'intervenir sur moi, je
m'appartenais.
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